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Petit patrimoine

Les chabottes

Entre Saint-Péray et Cornas, les vignerons de jadis avaient l'habitude de construire de petites cabanes, parfois appelées chabottes. Ce mot aurait pu être apporté par les protestants, nombreux en Ardèche, qui employaient dans leur langue le terme de "chibota" ou "chabota" pour désigner une cabane en pierres sèches. Ces petits abris étaient du style de la région avec des murs en pierres et un toit de tuiles rouges, et ils accueillaient les outils du vigneron ou l'abritaient en cas d'intempéries.

 

 

 

Autrefois, presque chaque parcelle avait sa chabotte, aujourd'hui, il n'en reste que quelques-unes dont certaines ont été joliment restaurées. A l'époque, les vignerons pouvaient s'y rendre le dimanche, parfois en famille, et y coucher parfois l'été. Car ce n'était pas souvent des maisons d'habitation ; elles comptaient la plupart du temps une à deux pièces, parfois installées sur deux étages. La pièce du bas, dans laquelle on entrait par une porte basse, et munie d'un fenestron, servait à entreposer les outils et le repas du vigneron. Celle du haut, éclairée par une lucarne, pouvait servir de chambre ou de débarras. A l'origine, le toit pouvait se terminer par une gouttière que les vignerons utilisaient pour récupérer l'eau de pluie dans des tonneaux ou des citernes intégrés au petit édifice (avant la construction du lotissement les Terrasses du Saveyre, il y en avait un exemple près du collège de Saint-Péray).

 

 

Les chabottes ont certaines caractéristiques communes : la partie arrière de la cabane est souvent adossée au coteau, dans un talus entre deux parcelles ou en bordure de parcelle, elle est souvent dans la continuité d'un muret en pierres (appelé "faysse" en Ardèche et Cévennes), et au Pays de Crussol, la pierre utilisée est souvent la même que celle qui a servi à l'édifice du château (pierre assez claire et dure) : c'est celle que les constructeurs de cabanes tiraient  de leurs terrains lors de l'épierrage pour la mise en culture. Au fil des saisons, ces petits abris changent d'aspect au gré de la météo, mais ils sont très bien intégrés au paysage et font partie d'un patrimoine à conserver.

 

Source : Véronique Graillat - Joly - Dauphiné Libéré du 16 août 2008